Août 21 2019

Randonnées Urbaines - Le monument aux morts de Papeete

La Ville de Papeete organise chaque année une exposition ainsi que des randonnées urbaines sur l'histoire de Papeete, afin de perpétuer un devoir de mémoire cher au maire de Papeete.

Cette année 2015, parmi les deux randonnées proposées, figure celle relative au Monument aux morts, assurée par Philippe Leydet, directeur de l'ONACVG en Polynésie française (Office national des anciens combattants et victimes de guerre). L'exposition, qui se tient à l'Hôtel de ville de Papeete jusqu'au 23 octobre 2015, entre 9 h et 15 h 30, comporte elle aussi de nouveaux panneaux relatifs à cette thématique.

Les extraits qui suivent sont issus de la publication "Le Bombardement de Papeete du 22 septembre 1914 et la Grande Guerre dans les E.F.O". En vente à la caisse de la régie des recettes de la mairie de Papeete au prix de 4 500 Fcfp.




En 1920 la ville de Papeete érige un premier mémorial dédié aux anciens combattants, pour commémorer la bataille de Caumont du 25 octobre 1918, pour laquelle le Bataillon Mixte du Pacifique a eu une citation, inscrite sur le monument en forme d’obélisque avec, à son sommet, un boulet de canon. Ce mémorial est construit sur une des places de Papeete, en face de la Maison Donald, sur le front de mer.

Cette place va porter des noms différents : Quai de la Marne, Place de la Mutualité, Place du Sénateur Joseph Quesnot (ancien Poilu tahitien), avant de disparaître lors de l’aménagement du boulevard, des quais et du port en 1965. Le monument n’existe plus mais jusqu’en 1987, date des nouveaux travaux d’aménagement, la plaque est scellée sur un énorme rocher rond. Aujourd’hui, nous n’avons aucune trace de cet obélisque, ni du rocher et encore moins de la plaque commémorative.

La ville de Papeete veut ériger un monument digne de ce nom pour commémorer la Grande Guerre. Ainsi en 1922, les membres du conseil municipal de la commune de Papeete, créée depuis 1890, décident l’installation d’un Monument aux morts dans la ville. À ce moment, Papeete est administrativement la seule commune dans les Établissements Français d’Océanie (É.F.O.). La création des autres communes date pour ‘Uturoa de 1931, Faa’a et Pirae de 1965 et toutes les autres de 1971. Il devient normal, lors de la construction du monument, de le dédier à l’ensemble des soldats des É.F.O. sans tenir compte de leur lieu de naissance ni du domicile, critères indispensables pour être inscrit sur un monument aux morts. La seule notion retenue pour l’inscription des noms sur le monument est celle du soldat « Mort pour la France ».

Aujourd’hui, c’est une des particularités de Papeete de regrouper, sur le mémorial, l’inscription des noms de tous les soldats partis du Fenua (pays en tahitien) «Morts pour la France». Depuis, d’autres communes ont érigé leur monument aux morts, comme Tiarei, Punaauia, Huahine, Mo’orea, Raiatea, Nuku Hiva, Hiva Oa. En général, les monuments aux morts sont, pour la plupart, juridiquement, des biens communaux et relèvent comme tels de la compétence des municipalités. Le monument est financé sur les fonds du budget local auquel est rajouté le produit d’une souscription publique organisée en 1922 et ayant rapporté 22 273 francs.

Il est commandé, en métropole, par le conseil municipal de Papeete, sur catalogue, au statuaire Hippolyte Marius Galy (Alger 20 octobre 1847 – Paris 24 mars 1929). Il est édifié en France de 1922 à 1923. Il est tout en plâtre, sauf les flammes et glaives qui sont en bronze et arrive, par bateau, en pièces détachées.

Aucun document ne donne de précision quant à la venue éventuelle du sculpteur à Tahiti. Selon Patrick O’Reilly, c’est une jeune fille de la colonie, dénommée Margueritte dite Margaux Teissier, qui lui aurait servi de modèle pour représenter la statue symbolisant la Patrie. Cet artiste est également l’architecte ou le statuaire des monuments aux morts de Pointe-à-Pitre et Basse-Terre en Guadeloupe, Montluçon dans l’Allier et Guingamp en Bretagne datés de 1922.

À Papeete, le monument est remis, à titre gratuit, au conseil municipal par arrêté du 28 mai 1923 qui fixe l’emplacement et la date d’inauguration du «Monument aux morts de la Grande Guerre», édifié au milieu de l’avenue Bruat (actuelle avenue Pouvanaa a Oopa) à hauteur de la rue Neuve (actuelle rue des Poilus Tahitiens), face à la mer, en spécifiant sa remise gratuite à la municipalité de Papeete.

Ce monument est déplacé à plusieurs reprises, tout d’abord en 1956 sur le bas-côté de l’avenue Bruat du côté du haut-commissariat, puis en 2001, en face du côté de l’ancienne enceinte du Service des Travaux Publics où sont bâtis le C.E.S.C (Conseil Économique Social et Culturel de la Polynésie Française) et le bâtiment de la Culture, au lieu-dit Patorou.

Le 15 avril 2003, sous l’impulsion de leur maire Michel Buillard, les membres du Conseil Municipal autorisent par délibération le classement du Monument aux «Morts de la Grande Guerre» dans le patrimoine culturel de la Polynésie française sis avenue Bruat, tout en restant propriété communale. Le monument est alors rénové puis déplacé.

Depuis 2003, son aspect est quelque peu modifié. En effet, l’allégorie de la Patrie «la Marianne» en plâtre blanc est, aujourd’hui, une statue de bronze, ainsi que le «coq gaulois», le médaillon (portrait du soldat) et les casques …. Ils sont l’œuvre du sculpteur Jean Cardot dans les Ateliers Saint Jacques des Fonderies de Coubertin sur commande et financement du territoire de la Polynésie française en 2003.

Cet atelier a participé à la rénovation pour la partie ferronnerie. La place qui accueille aujourd’hui le monument aux morts fait 1 400 m2. Dans la continuité de ce travail de mémoire pour honorer ces hommes partis combattre l’ennemi pendant la Grande Guerre, la ville de Papeete a, en 2006, émis le vœu de mettre à l’honneur tous ceux qui sont nés et ayant eu leur domicile dans la commune en disposant une plaque commémorative à l’Hôtel de ville. Le travail d’identification de ces hommes effectué par les agents des archives de Papeete est en cours de réalisation.



Randonnée urbaine avec une classe de CM2 de l'école de Erima.


Randonnée urbaine avec une classe de CM2 de l'école de Erima.


Randonnée urbaine avec une classe de CM2 de l'école de Erima.



Randonnée urbaine avec une classe de CM2 de l'école de Erima.