Octobre 13 2019

Le buste de Louis Langomazino, de St Tropez à Papeete

Ce lundi 20 février a eu lieu l’inauguration du buste de Louis Langomazino, originaire de St Tropez, en présence des maires de Papeete et de St Tropez et des représentants de l'Etat, du Pays, du Tahiti Tourisme, du Port Autonome de Papeete et de divers partenaires.

En effet, les villes de Papeete et St Tropez sont liées depuis 150 ans par une double histoire d’hommes et d’amitiés : celle de la famille tropézienne de Louis Langomazino, exilé aux Marquises et dont le fils fut maire de Papeete en 1902, et celle du jumelage qui rassemble depuis 10 ans la Tahiti Pearl Regatta et les Voiles de St Tropez.

Comme symbole de ces échanges entre nos deux destinations nautiques du bout du monde, Jean-Pierre Tuveri, maire de Saint-Tropez, a offert au port de Papeete un buste de Louis Langomazino, tropézien exilé en Polynésie, dont le fils est devenu maire de Papeete en 1902. Ce buste, lien historique entre les deux villes, a finalement trouvé sa place dans la salle du conseil municipal de Papeete lors d’une belle cérémonie.

Depuis 1981, les "Voiles de Saint Tropez" s'installent chaque année dans la ville éponyme à la tombée de l'été, pour 9 jours de régates et de célébrations. Cette joute nautique unique en son genre rassemble les plus beaux voiliers de Méditerranée. Plus de 300 bateaux mesurant jusqu’à 60 mètres régatent ainsi chaque jour dans le golfe de Saint-Tropez.

Sept mois plus tard et deux océans plus loin, c'est un tout autre événement qui se déroule à l'exact opposé de la planète : la "Tahiti Pearl Regatta". La "TPR" accueille chaque année des équipages internationaux attirés par la notoriété de l’événement et la découverte de la Polynésie française, dans un circuit sportif à travers les îles Sous-le-Vent. Comme souvent dans le monde de la voile, c'est une histoire d'hommes et d'amitiés qui a permis aux deux régates de se rencontrer.

Grâce à ces relations exceptionnelles, le Pacifique Sud est présent chaque année sur le village des Voiles de Saint-Tropez, tandis que les échanges d’équipages vainqueurs entre les deux événements sont l’occasion de découvrir de nouveaux terrains de jeu, et de démarrer de nouvelles amitiés.











LOUIS-JOSEPH LANGOMAZINO, UN TROPÉZIEN EXILÉ À TAHITI



Né à Saint-Tropez en 1820 et fils d’un maître d’équipage dans la Marine de guerre, c’est tout naturellement qu’il s’oriente vers les métiers de la mer.

Apprenti forgeron à l’arsenal de Toulon dès l’âge de 15 ans, il est licencié 10 ans plus tard pour avoir mené une grève ayant mobilisée près de 2000 ouvriers. Il devient alors rédacteur dans le quotidien républicain La Voix du Peuple, puis il crée son propre journal L’Indépendant des Alpes. En juillet 1850, il est l’un des journalistes républicains engagés les plus actifs quand son journal est interdit.

Arrêté en octobre pour avoir comploté contre Napoléon III, il est condamné à la déportation avec sa famille sur l’île de Nuku Hiva. Aux Marquises, il travaille un temps comme forgeron puis obtient l’autorisation de résider à Tahiti et devient défenseur au tribunal de la ville. Mais quelques démêlés avec le gouverneur d’alors l’expédient en exil à Valparaiso, au Chili.

Amnistié en 1858, il s’établit définitivement à Tahiti et deviendra successivement magistrat, directeur de l’imprimerie gouvernementale, juge impérial et président de la Haute Cour tahitienne avant de mourir en 1885, à l’âge de 65 ans. Il laissera derrière lui deux enfants dont un fils, Hegesippe.

Ce dernier est né à Toulon en 1844 et a été déporté aux Marquises avec ses parents en 1851. À l’image de son père, il connaîtra une ascension pour le moins remarquable en exerçant les métiers de serrurier, puis d’avocat, avant de devenir le deuxième maire de Papeete de 1902 à 1904.