Décembre 16 2018

Inauguration de la plage HOKULE'A, jardin de Paofai



En hommage à la pirogue double Hokule’a, arrivée à Papeete le 4 juin 1976, la Ville de Papeete, avec le concours de l’Etablissement d’aménagement et de développement (EAD), a décidé d’ériger une stèle, un marae et un unu, sur l’espace dit de la Plage Hokule’a, situé dans les Jardins de Paofai.

C’est l’ensemble de cet espace - la Plage Hokulea - qui a été inaugurée ce jeudi 25 novembre et mis en valeur. Cette Plage Hokule’a, qui couvre une surface d’environ 2 000 m², comprend un Fare Potee, une rampe de mise à la mer des pirogues ainsi qu’un espace pour entreposer ces dernières : rappelons que lors de l’aménagement des Jardins de Paofai, le député maire Michel Buillard avait absolument tenu au maintien de ces va’a sur place.



Pourquoi célébrer l’arrivée du va’a Hokule’a ?

La pirogue double Hokule’a est arrivée en Polynésie Française, après une navigation de 5 370 km effectuée en 32 jours reliant Honolua Bay (Maui, Hawaii) à Papeete (Tahiti). Elle a, d’une part, apporté la preuve des migrations transocéaniques du peuple polynésien, confirmées depuis par plusieurs autres voyages effectués dans le triangle polynésien.

Elle s’inscrit d’autre part dans la liste d’événements qui ont marqué le renouveau culturel du monde polynésien :

 -1972 : Maison des Jeunes et de la Culture (OTAC)
 -1974 : Académie Tahitienne
 -1976 : Arrivée du va’a Hokule’a
 -1977 : Musée de Tahiti et des Iles
 -1978 : Turo a Raapoto : « Te Maòhi e, ia ora. » « E faahoi i te vaa i te aià. »
 -1980 : Centre des Métiers d’Arts 1981 : Enseignement du Tahitien à l’Ecole
 -1982 : Henri Hiro : « E te tama e e fano ! A fano ! A fano ra. » « A faatià i teie                    utuafare rahi fetii to tatou, o Maòhi nui. »
 -1984 : Drapeau et Hymne de la Polynésie

Ben Finney, navigateur hawaiien et chef de projet de l’expédition Hokule’a en 1976, explique également dans « Voyage of discovery, a cultural odyssey through Polynesia », University of California Press 1994 : « En construisant Hokule’a, puis en la faisant naviguer jusqu’à Tahiti, notre objectif était double. Certes, nous voulions apporter une réponse aux questions concernant la navigation polynésienne, mais nous voulions aussi que la pirogue et la traversée soient les véhicules du renouveau culturel des Hawaïiens et des autres Polynésiens. »



Pourquoi cet emplacement ?

Si des travaux de remblayage et d’agrandissement n’avaient pas eu lieu, nous n’aurions jamais connu la Maison de la Culture, la place To’ata, la place Jacques Chirac et tout ce qu’il y avait au-delà de la route du bord de mer. Souvenez-vous, il existait à l’époque un monument fait de pierre et de fer forgé qui représentait une pirogue double. Aujourd’hui, peu d’éléments sont encore présents pour nous rappeler où exactement a débarqué Hokule’a, mis à part peut-être le nom de l’immeuble, rue Cook, qui porte le nom du va’a. C’est donc pour rendre hommage mais aussi par devoir de mémoire que l’aménagement de cette plage a été décidé en ce lieu précis.

Quels symboles sont érigés sur cette plage ?

Il y a sur cette plage un mara’e, une stèle et un unu. Le unu reste un symbole peu connu du public. Il s’agit d’un mât en bois sculpté en fonction d’attributs différents d’une île à une autre et qui identifie une divinité faisant partie intégrante du mara’e. Dans les mara’e traditionnels, il s’accompagne généralement d’oriflammes en tapa, en période de fête. Quand sa réalisation sera achevée, il sera pivotant, ce qui d’une part lui assurera une certaine stabilité et aura la caractéristique d’indiquer le sens du vent. Aussi, il représentera en quelque sorte la voile que l’on trouve sur les pirogues doubles. Le coût de l’investissement est d’environ 1,5 million Fcfp, financé par plusieurs partenaires.



Qui est à l’origine de ce projet ?

Alban Ellacott, conseiller délégué de la Ville de Papeete, est le chef de ce projet communal. En 1976, il était président de l’association TAINUI, créée afin d’accueillir le va’a Hokule’a à Papeete. D’autres personnalités éminentes faisaient également partie de cette association, telles Raymond Pietri, Ingrid Cowan ou encore Hans Carlson. La présence de Louise Carlson, veuve de Hans et ancienne tavana de Papeete, est d’ailleurs à souligner. Puisque la mémoire ne peut être perpétuée que par des symboles et des écrits, Alban Ellacott a jugé important d’ériger un monument rappelant notre histoire mais surtout l’histoire du va’a, qui a permis les migrations polynésiennes. Ainsi, tous les visiteurs des jardins de Paofai pourront faire une halte sur cette plage et grâce à la stèle érigée, apprendre ou se remémorer un événement qui a indéniablement renforcé les liens culturels au sein de la grande communauté polynésienne.