Avril 11 2021

Bruat choisit Papeete


Les qualités de la rade de Papeete furent longtemps ignorées des navigateurs qui lui préféraient la baie de Matavai, située plus à l’est. Mais, dès qu’elles furent reconnues, Papeete devint rapidement le centre de la vie économique, politique et religieuse de Tahiti et ses dépendances. Le commerce s’y développe, mais dans l’insécurité et la violence. Le pays fait alors l’objet d’une rivalité entre la France et l’Angleterre. Papeete est au cœur de cette lutte d’influence qui prend aussi un aspect religieux. Le 29 août 1842, un protectorat français est institué sur le royaume des Pomare.

Le capitaine de vaisseau Armand-Joseph Bruat, premier gouverneur des Etablissements français de l’Océanie (EFO), débarque à Tahiti le 4 novembre 1843. Il choisit aussitôt Papeete comme quartier général et la transforme en quelques mois. Constructions militaires et civiles, voies, ponts, donnent un aspect « moderne » à la ville, dont la population augmente rapidement. La situation politique reste toutefois confuse.

Certains chefs soutiennent le protectorat, tandis que d’autres, ceux de la presqu’île de Taiarapu, notamment, contestent la présence française. Une période troublée s’ensuit, ponctuée de conflits violents et meurtriers des deux côtés. Bruat fait fortifier Papeete pour protéger ses accès à l’est et à l’ouest, tandis que les rebelles se retranchent dans les collines, menant des actions de guérilla en ville. L’ordre et la paix ne sont rétablis qu’en 1846.

La reine Pomare IV, réfugiée aux Iles Sous-le-Vent depuis 1844, accepta de rentrer à Tahiti en février 1847, établissant sa résidence officielle à Papeete. Elle régna ensuite pendant plus de trente ans, sous la houlette de pas moins de treize gouverneurs, commandants et autres commissaires français se succédant auprès d’elle jusqu’à sa mort, le 17 septembre 1877. Trois ans plus tard, le 29 juin 1880, son fils et héritier, Pomare V, dernier roi de Tahiti, cédait ses États à la France.


Le marché de Papeete à la fin du XIXe siècle.