Avril 11 2021

Entre-deux guerres, une ville cosmopolite


Entre les deux guerres, Papeete se développe rapidement. La voirie est adaptée à une circulation plus dense, les rues ne sont plus de simples allées plantées d’arbres, elles sont éclairées, on en prolonge certaines, on en trace de nouvelles. Ville cosmopolite, elle accueille des représentants de dix-neuf nationalités à la fin des années 1930, les étrangers représentant environ un tiers de la population.

Notamment sous l’influence des peintres Paul Gauguin, qui vécut là de 1891 à 1901 (avant de s’éteindre aux Marquises en 1903), et Henri Matisse, qui y séjourna au début des années 1930, Tahiti est devenue une destination prisée des artistes et des intellectuels.

À l’aube sinistre de la Seconde Guerre mondiale, Papeete est une ville prospère, pluriethnique, où se concentrent les institutions et les services nécessaires au fonctionnement de la colonie. Cité administrative, elle a aussi une vocation de capitale économique, avec son port et son centre commerçant où se côtoient le marché, les boutiques et les maisons de négoce.

Pendant les années 1950, Papeete conserve son aspect de bourgade tropicale paisible et ensoleillée. Personne ne mesure réellement la portée du discours prononcé par le général de Gaulle sur la place Tarahoi lors de sa visite en août 1956, annonçant l’avenir atomique de la Polynésie française.

Un hydravion se pose chaque semaine dans le lagon avec le courrier. Le centre commercial et le port sont très actifs, l’ambiance y est plutôt joyeuse et bon enfant. On voit encore peu de voitures, mais la circulation est déjà dense. Le scooter fait une entrée triomphale. La bicyclette reste la petite reine des classes populaires. L’artisanat est en plein essor. Il y a trois cinémas et une douzaine de dancings dont le célèbre Quinn’s Tahitian Hut. En 1957, les Établissements français de l’Océanie deviennent un territoire d’outre-mer baptisé Polynésie française.


Le port de Papeete dans les années 1950.