Août 21 2017

Un peu d'histoire

Dès 1790, bien que les navigateurs européens remarquérent l'excellent mouillage de la rade de Papeete, aucun d'eux de Wallis à Bougainville n'avait cru bon de s'y intéresser. Pourtant, Papeete s'accroissait sous l'influence du commerce. En effet, les marchands étaient attirés par cette rade qui offrait, un accès facile grâce à sa grande passe et son entrée profonde, un débarquement assuré, une sécurité et un approvisionnement facilité par les nombreux cours d'eau; à tel point que des Européens s'y fixèrent.

Le Consul G.Pritchard et le r?v?rend  William Pasco Crook

En 1791 avec l'aide des armes européennes, Tu, chef de Pare établit sa domination sur Tahiti. Il donna à sa famille une puissance statutaire en constituant un pouvoir politique imité de l'Europe. Il se proclama premier roi de Tahiti en prenant le nom de Pomare I. Cette nouvelle dynastie reçut par ailleurs l'appui des missionnaires protestants britanniques après la conversion de Pomare II en 1812.Débarqués en 1796, ces missionnaires avaient négligé Papeete au profit de Mata vai où ils avaient implanté leur temple. Mais dès 1818, le pasteur Crook délaissa Matavai et s'installa avec sa famille au lieu dit Paofai à Papeete en la rebaptisant Wilk's Harbour. Et en 1824, Pritchard, un autre missionnaire britannique s'établit à Papeete où il possédait la plus belle maison européenne près de la plage à l'ouest. En définitive, Papeete ne devint réellement la capitale de la nouvelle dynastie royale que vers 1827 lorsque la Reine Pomare IV fixa sa résidence sur la terre dénommée "Papeete".

La France quant à elle se détourna tout d'abord de Papeete et voulut créer en 1842 un établissement français aux Marquises. Mais, les évènements en décidèrent autrement. Alors qu'elle expédia aux Marquises les deux frégates l'Uranie et le Dana du capitaine de Vaisseau Bruat, le contre amiral Dupetit-Thouars, couvert par le gouvernement du Roi Louis Philippe, imposa le 9 septembre 1842, le protectorat français sur Tahiti. Bruat fut alors nommé gouverneur des Marquises en janvier 1843 puis le 17 avril 1843 des Etablissements français d'Océanie et commissaire du roi auprès de la Reine. Mais celle-ci poussée par Pritchard, consul d'Angleterre rejeta le protectorat. Ce rejet provoqua des agitations à Papeete. L'expédition initiale retourna à Papeete où Dupetit-Thouars envoya à la Reine un ultimatum, la sommant d'arborer à nouveau le drapeau français et lui donnant pour dernier délai le 6 novembre à midi. Pomare IV n'ayant fourni aucune réponse, Dupetit-Thouars proclama l'annexion de Tahiti le 6 novembre 1843 à midi et fit débarquer à Papeete ses troupes et le matériel pour commencer les travaux d'établissement. En fait, si Papeete est devenu la capitale de la Polynésie française, elle le doit d'une part à l'esprit de décision et à l'énergie de Bruat qui conseilla le choix de ce site et le défendit avec vigueur en avril 1844 et d'autre part au capitaine de génie Raimbault installé dès le 6 novembre 1843 comme directeur du génie de Papeete et auteur des plans de la nouvelle ville et des premières constructions européennes.


Après la triste guerre franco tahitienne, le gouverneur décida de fortifier l'agglomération naissante. La paix revenue, les travaux d'urbanisme avaient connu un nouvel essor et le 25 novembre 1843, plusieurs travaux commencèrent. La présence d'une main d'oeuvre qualifiée expliqua la rapidité de l'installation et des constructions de 1843 à 1844. Papeete changea à une allure vertigineuse. En effet, la vaste plage qui constituait la rue principale de Papeete disparaissait pour faire place à des quais. On assista à un éclatement du cadre ancien, le centre ville était totalement transformé par des opérations de rénovation. Et parce que les possibilités naturelles d'expansion étaient limitées et ne pouvaient se faire qu'au prix d'investissements coûteux: remblai du lagon, aménagement du cadre montagneux, l'habitat a conquis les zones marécageuses, les terres peu convoitées des vallées et les premières pentes. En effet, les marécages étaient asséchés pour y installer des constructions en dur (casernes, hôpital de Vaiami...) et le marché. Et, ce n'est qu'en 1852 que le gouverneur Page faisait construire l'arsenal de Fare Ute.

Le 20 mai 1890, Papeete était instituée en commune, la première et le 1er décembre de la même année le docteur François Cardella en devint le premier maire. Depuis cette date, onze maires se sont succédés.Victime d'un raz de marée en 1906, de plusieurs incendies dont celui provoqué par les bombardements des croiseurs allemands le 22 septembre 1914, et ravagée par la grippe espagnole en 1918, la ville se métamorphose. Le paysage urbain est transformé: la ville moderne a remplacé la vieille ville rurale de type colonial. Elle est plus avenante, mais elle a perdu une grande partie de son pittoresque.Dans les années 1920, le front de mer et la vie portuaire étaient rythmé par le va-et-vient des bicyclettes, des calèches ou tombereaux, des goèlettes, des hydravions et paquebots qui transportaient les premiers touristes accueillis par les rares hôtels de la place. La nonchalance des habitants était néanmoins quelque peu perturbée par les 700 voitures qui arpentaient le timide réseau routier de Tahiti.

L'atmosphère tranquille allait alors brutalement changer dans les années 1960 avec l'installation du CEP (Centre d'Expérimentation du Pacifique) et l'ouverture de l'aéroport international de Faaa. Le front de mer subit à nouveau des aménagements de remblai pour accueillir de nouvelles voies plus larges capables d'accueillir des voitures de plus en plus nombreuses. Le Port devenu trop exigu pour une fréquentation de plus en plus importante devint une priorité dans les différents aménagements des années 1960 et allait modifier de façon radicale le paysage de Papeete. Ainsi, l'îlot de Motu Uta, où étaient installés des élevages d'huîtres, était alors relié à la terre pour y installer des infrastructures du nouveau port de Papeete.


Ces opérations d'urbanisme ont notamment permis une spécialisation des quartiers commerciaux, zones portuaires et industrielles. Et, cette restructuration de la ville s'est accompagnée d'un reflux de l'habitat vers les collines, la périphérie et même vers l'extérieur de la ville. Une cité moderne est née et, le 26 août 1968, sous le mandat de monsieur Georges Pambrun, la commune de Papeete adopte la devise du roi Pomare V "E ohipa tia e taraire ai te mana " (l'intégrité est le garant du pouvoir). Elle se dote par ailleurs d'armoiries dessinées par un héraldiste américain où sont représentés: le Diadème, montagne de Papeete; des cocotiers, symbole des pays chauds et des magnifiques plages; un marae (temple polynésien); des uru, fruit de l'arbre à pain tant convoité par l'équipage de la Bounty; des fei sorte de banane; un collier de fleurs de Tiare Tahiti (fleurs de Tahiti) aux senteurs exotiques nécessaires à la préparation du monoi, huile solaire de Tahiti.


En 1990, la commune de Papeete fête le 20 mai son 100ème anniversaire et
inaugure son nouvel hôtel de ville à l'architecture inspirée du Palais de la Reine Pomare.


Papeete, institution communale

La commune de Papeete a été instituée par un décret en date du 20 mai 1890 présenté par le Ministre du Commerce, de l’Industrie et des Colonies, de l’époque, Jules Roche, au Président de la République, Sadi Carnot. Ce chef-lieu des Etablissements Français de l’Océanie était ainsi créé en considération de : " L’importance de la ville de Papeete, principal centre commercial des archipels environnants, dont la population s'élève à 3 500 habitants jouissant presque tous de la qualité de Français ".