Avril 11 2021

La vallée de la Tipaerui


Le quartier de Tipaerui.

La Tipaerui est la rivière la plus occidentale de Papeete. Tipaerui (accostage nocturne) était jadis le nom du port de Papeete. Plus tard, c’est aussi devenu le nom du quartier occupant la vallée. Ce quartier s’étend vers les collines jusqu’au-delà du Pic-Rouge. Il est limité par le lagon au nord, par les quartiers de Paofai et de Sainte-Amélie à l’est, par le quartier de Paurani et la limite de la commune de Faa’a à l’ouest.

Il est en grande partie occupé par une zone industrielle et commerciale encadrée, en aval et en amont, par des lotissements résidentiels populaires. Le quartier de Tipaerui abrite notamment le conservatoire artistique de Polynésie française, le service du patrimoine archivistique et audiovisuel (perché sur une colline avec une vue splendide), le lycée Paul-Gauguin, le collège de Tipaerui et deux écoles. On y trouve aussi le temple protestant Te Rau Olive et la chapelle catholique Fetia-Poipoi. Aux abords du lagon, s’étendent le stade Willy-Bambridge et la piscine municipale séparée de la Maison de la Culture par le lit de la rivière.

Jusqu’à la construction de la maison d’arrêt de Nuutania (Faa’a) en 1970, l’ancienne prison de Tahiti se trouvait à Tipaerui. Elle avait été construite par les Anglais dès le début du dix-neuvième siècle. On l’appelait alors la calabouza beretanee (la prison britannique, de l’espagnol calabozo signifiant cachot) selon le témoignage de l’écrivain américain Herman Melville qui y fut incarcéré pour mutinerie en 1842. Les conditions de détention y étaient plutôt folkloriques et l’on s’en échappait sans trop de difficulté. Plus tard, après sa transformation en maison d’arrêt à la française, on y retrouve Pouvanaa a Oopa qui y fut enfermé du 11 octobre 1958 jusqu’à son bannissement vers la France métropolitaine le 15 mars 1960.

L’extrême fond de la vallée, encore préservé, recèle des trésors d’une beauté insoupçonnée. Deux cascades, Faaiti et Faaroa, laquelle plonge d’une hauteur de quarante mètres, sont accessibles aux amoureux de la nature (l’autorisation préalable de la mairie est exigée, la présence d’un guide est conseillée).



La rivière Tipaerui.